Le chantage n’en finit plus chez Goodyear-Dunlop
Pneumatique . La direction menace de fermer l’une des deux usines d’Amiens.
Après les menaces sur l’emploi, la direction
de Goodyear-Dunlop d’Amiens (Somme) mise sur la division pour faire adopter son projet d’organisation du travail. Hier, lors de la réunion de négociation sur les contreparties salariales du passage aux 4 × 8, le directeur des usines, David Gomez, a clairement dissocié les deux entreprises. Il a proposé 220 euros d’augmentation mensuels aux salariés de Dunlop contre seulement 160 à 190 euros à ceux de Goodyear. Il a précisé : « Si l’usine d’Amiens-Sud (ex-Dunlop) est prête à signer un accord et que l’usine d’Amiens-Nord (ex-Goodyear) ne l’est pas, je recommanderais à notre groupe d’aider Amiens-Sud et d’abandonner l’idée du complexe » - autrement dit fermer le site de Goodyear. La direction misant sur la division entre les deux usines a annoncé à la suite du rejet de son projet de réorganisation par 64,55 % des salariés qu’elle supprimerait 478 emplois et refuserait tout investissement sur les sites si aucun accord n’était trouvé. Cette situation a attisé les tensions au point que les syndicats CGT des deux établissements ont des appréciations différentes. « Beaucoup de salariés sont inquiets : même s’ils ne sont pas pour les 4 × 8, ils ne veulent pas perdre leur emploi, donc ils cherchent à savoir les contreparties et les conditions dans lesquelles ils devraient faire les 4 × 8. Alors que de l’autre côté, semble-t-il, c’est non aux 4 × 8, fort et dur », estime Claude Dimoff, délégué syndical CGT Dunlop. Tandis que Mickael Wamen, délégué syndical CGT chez Goodyear, déclarait dans le quotidien régional l’Union : « On ne peut pas accepter ça ! La direction mise tout sur Dunlop pour que Goodyear se plie. »
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