Goodyear-Dunlop : les syndicats désabusés
« Pour une fois que la direction met tout le monde d’accord ! » Hier, le leader de la CGT Goodyear, Mickaël Wamen, rapportait à ses collègues les discussions avec la direction des usines Goodyear-Dunlop autour des négociations du projet de passage en 4×8. Une cinquième réunion venait d’avoir lieu dans la matinée avec tous les représentants du personnel. « Le projet de la direction est toujours aussi mauvais. Tous les syndicats se rallient à la CGT. C’était une réunion catastrophique où la direction a réussi le pari de mettre d’accord toutes les organisations syndicales sur un rejet massif du projet dans son ensemble. » La CGT Goodyear se disait ainsi persuadée qu’aucune organisation syndicale ne signerait le projet de la direction.
De son côté, Thierry Recoupé de la CFTC semblait désabusé. « Nos craintes se sont confirmées. » La direction a réitéré ses propositions faites la semaine dernière concernant les contreparties financières accordées aux salariés pour compenser le passage aux 4×8. Elle a ajouté une prime de 500 euros net par année d’ancienneté, en plus des indemnités conventionnelles de licenciement, accordée aux salariés qui refuseraient les 4×8 à leur contrat de travail. Enfin, si un accord « 4×8 » était signé, la direction promet une pérennité de 5 ans du site. « Nous avions demandé un engagement jusqu’en 2020 », confie la CFTC.
Pour finir, la direction des usines a fait savoir aux organisations syndicales qu’elles n’avaient plus qu’une semaine, jusqu’au mercredi 5 mars, pour signer un accord de principe sur les 4×8. « On avait jusqu’au 15 mars pour prendre une décision, mais là, ils veulent savoir pour se positionner et démarrer ou non leur plan social. C’est stratégique. Ils nous mettent le couteau sous la gorge. »
Les représentants des organisations syndicales ont donc une semaine pour présenter aux salariés des deux sites les propositions de la direction, afin de signer ou non l’accord de principe. « On va aller voir les salariés qui vont peser le pour ou le contre, mais ce n’est pas raisonnable. C’est ça ou rien, la direction n’a pas pris nos revendications en considération. » Et d’ajouter : « Les salariés sont au bord de la déprime, ils n’en peuvent plus, ça a trop duré ! »
Et puis, une dépêche AFP tombait hier, annonçant que l’usine américaine de pneumatiques Goodyear voulait tripler la production de sa filiale polonaise, TC Debica, en injectant plus de 200 millions de dollars. « L’investissement va permettre de créer de 350 à 400 emplois nouveaux en Pologne, soit presque l’équivalent des emplois menacés à Amiens. Goodyear emploie déjà 2.500 salariés sur son site de Debica, dans le sud de la Pologne. » La CFTC concluait : « C’est une pression supplémentaire. C’est la preuve qu’il n’y a plus de doute sur Amiens, ça passe ou ça casse. On va en payer le prix fort ! » Verdict mercredi prochain.
Ambre Mingaz “l’union”
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