Un sans-papiers se taillade les veines au tribunal
Un sans-papiers indien âgé de 27 ans s’est tailladé les veines, sans mettre ses jours en danger, mardi dans une salle du tribunal d’Amiens, après la confirmation par un magistrat de son placement en centre de rétention, a-t-on appris de source judiciaire et auprès de RESF.
L’homme s’est « légèrement blessé en utilisant un fragment de lame d’un rasoir jetable », a expliqué le procureur général près la cour d’appel d’Amiens, Olivier de Baynast.
Transporté à l’hôpital, il devait ensuite « regagner un centre de rétention administrative », a-t-il précisé.
Le ressortissant indien avait été assigné à résidence lundi par un juge des libertés et de la détention (JLD), qui avait refusé de prolonger sa rétention administrative. Le parquet d’Amiens avait introduit un recours en référé devant la cour d’appel d’Amiens, qui a confirmé mardi son placement en rétention.
Cette décision et le fait qu’il ait également appris lors de cette audience qu’un avion devait le rapatrier en Inde dès lundi prochain expliquent son geste, selon Didier Cottrelle, membre de RESF qui était présent au moment des faits.
« Je n’ai pas vu exactement ce qui s’était passé, parce qu’il était alors tourné de l’autre côté de la salle, mais j’ai entendu une greffière crier et j’ai vu le sang gicler. Il a ensuite été évacué, en marchant, le jean et le sweat-shirt couverts de sang », a poursuivi M. Cottrelle.
L’homme, arrivé en France en mars 2005, serait un déserteur de l’armée indienne, a-t-il ajouté, précisant que la désertion était théoriquement punie de la peine de mort en Inde.
« On n’arrivera probablement jamais à pouvoir détecter de petits fragments de métal, qui passeraient à l’intérieur du palais de justice, sauf à procéder à des fouilles extrêmement approfondies à l’égard de toutes les personnes car là on n’était pas en présence d’un détenu et les contrôles étaient forcément plus légers », a expliqué le procureur général.
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