Lycées : timide tour de chauffe dans les établissements de province
Au lendemain de la reprise des cours dans 12 académies, les organisations lycéennes ont tenté, hier, de battre le rappel. Près de 4.000 élèves ont défilé à Strasbourg, Lille, Tours et Toulon.
Le mouvement lycéen est entré hier dans sa cinquième semaine, peut-être l’une des plus décisives. Après avoir bien mobilisé en Ile-de-France (13.000 à 50.000 personnes), les organisations de jeunesse (UNL et FIDL) doivent désormais, pour assurer la survie de leur mouvement pendant les vacances scolaires, susciter le même enthousiasme chez leurs camarades provinciaux. Un pari difficile… et apparemment loin d’être gagné. Hier, le tour de chauffe organisé dans les 12 académies de retour de vacances a réuni près de 4.000 élèves à Tours, Toulon, Strasbourg et Lille. Un score jugé « encourageant » par les lycéens, mais qui reste « modeste » de l’avis du ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, présent lors d’une réunion de recteurs à Matignon.
Déclarations de fermeté
Les organisations lycéennes se sont donné rendez-vous demain, mais, pour éviter l’enlisement, se fixent déjà de nouvelles perspectives pour la rentrée. Elles pourraient bénéficier du soutien des syndicats d’enseignants, bien décidés à sortir du bois au cours d’un mois de mai qui s’annonce très chargé - appels à la mobilisation le 15, le 18, le 24 mai. Enseignants et lycéens leur emboîteront-ils le pas ? « Les enseignants sont mécontents. Un an après les promesses de campagne de Sarkozy, seules celles concernant les suppressions de postes ont été réalisées. La revalorisation du métier n’a pas eu lieu », affirme Daniel Robin, secrétaire national du SNES-FSU.
Côté lycéens, l’équation s’annonce plus délicate : le baccalauréat ne sera plus qu’à quelques semaines (le 16 juin), or la « réussite aux examens » reste l’objectif majeur de huit élèves sur dix, selon un sondage publié aujourd’hui par le magazine « Phosphore ».
Conscient de ce calendrier favorable, requinqué par le soutien de l’exécutif et soucieux de donner des gages à la majorité, Xavier Darcos multiplie les déclarations de fermeté sur les suppressions de postes (11.200 professeurs en moins à la rentrée 2008), quitte à donner l’impression de minimiser le mouvement lycéen et ses représentants. Une « désinvolture incompréhensible », a tranché hier l’ancien ministre PS de l’Education nationale, Jack Lang.
Sur la délicate réforme des lycées, en revanche, Xavier Darcos, visiblement désireux de ne pas s’enfermer dans un tête-à-tête avec les lycéens, cherche à faire entrer les syndicats d’enseignants dans le jeu. Mais ces derniers se montrent circonspects, craignant que cette réforme n’en hypothèque d’autres, et notamment celle, très attendue, sur la revalorisation du métier d’enseignant (le rapport Pochard). « Nous n’accepterons pas que la réforme promise du métier d’enseignant se limite aux professeurs de lycée », préviennent-ils.
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